26.11.2005
Fiche de lecture 2 : Google and God's Mind The problem is, information isn't knowledge
Chronique pour le Los Angeles Times du 17 décembre 2004.
http://www.scils.rutgers.edu/~lesk/spring05/lis553/ala-ja...
Mickael Gorman est le doyen des services bibliothécaires de l'université de Fresno en Californie, et président de l'Association des bibliothéques américaines.
Cette chronique parue il y a un an est une critique du projet Google Print, visant à numeriser et mettre en ligne les ouvrages des bibliothèques américaines, ainsi que de permettre la recherche de façon précise sur ces textes en ligne.
Mickael Gorman aborde le sujet d'un point de vue de savant, d'érudit. Il explique que les gens de Google rêvent au rassemblement de toute l'information du monde et que, selon leurs propres mots, ils veulent créer l'équivalent électronique de « l'esprit de dieu » contenant toutes ces connaissances.
Mais pour lui les livres sont bien plus que la somme de leurs différents éléments. Il se réfère alors à un cheminement de la lecture (lecture séquentielle et cumulative pour aquérir des connaissances).
Ensuite à travers un exemple partant de ce que sera surement la recherche su Google Print, il démontre que l'information hors de son contexte n'est pas très utile et que pour compléter l'information il faudrait finalement lire le livre entièrement. Mais si c'est un livre de 500 pages par exemple, peut on trouver la patience de le lire sur un écran ? Ou imprimer ses 500 pages sur notre imprimante ? C'est peu probable, et finalement, il vaudrait mieux lire un exemplaire disponible en bibliothèque, donc le service de Google est inutile d'un point de vue de travail « savant ».
Pour Gorman l'essentiel du problème se situe dans la différence entre information (données, faits, images,...) et savoir enregisté (l'interprétation cumulée de toutes les inforamtions contenues dans les textes.
Il nuance ensuite sa critique en insistant sur le fait que la numérisation de livres dont l'objectif est d'apporter des informations (comme les dictionnaires ou encyclopédies) ou des photos et des documents anciens ou uniques est très utile lorsque lors d'une consultation, il est important de voir le document (manuscrits anciens par exemple). Mais il estime que c'est une perte de temps et d'argent que de numériser des livres « savants ».
Enfin il finit par une note optimiste sur l'avenir des livres papier et des bibliothèques car il ne pense pas que les versions numériques supplanteront complétement les ouvrages physiques.
Commentaire:
Tout d'abord je voudrais revenir sur la compréhension de cet article en anglais ainsi que la traduction. Le terme « scholar » utilisé dans le texte original est difficile à traduire; il se rapproche de savant, d'érudit ou lettré, dans une acception professionnelle, un cadre de recherche universitaire.
Ce document se place hors du débat sur le fait que ce projet augmenterait l'hégémonie de la culture anglo saxonne sur internet et dans le monde et permet une vision professionnelle sur ce vaste projet de numérisation. Même si cet chronique date d'un an il est pourtant toujours intéressant aujourd'hui, de par sa refléxion sur les informations contenues dans les ouvrages numérisés. Ainsi sans être contre la numérisation il ne considère pas comme utile la numérisation des livres « savants » dont le contenu doit être pris comme un ensemble, et pas comme des informations que l'on peut découper et sortir de leur contexte. Je suis de son avis quand il écrit que le projet de Google ne peut pas être pris comme une attaque vers le monde « classique » du livre et des bibliothèques, puisque de toute façon la plupart des bibliothèques universitaires ou nationales ont des projets de numérisation et de mise en ligne. Mais il est vrai qu'il devrait y avoir un choix dans ce qui est numérisé par Google, un choix au niveau des ouvrages à numériser et pas seulement un choix géographique comme celui de Google. Certains ouvrages doivent être numérisés et mis en ligne, comme des manuscrits anciens précieux ou uniques, qui ne sont pas consultables directement par le public car trop fragiles ou trop éloignés; par contre on peut aussi se poser la question de l'utilité de certains ouvrages dont le contenu n'a qu'un public très restreint de spécialistes ou comme ceux dont parle Mickael Gorman, qui ne peuvent être compris que dans leur ensemble et dont on ne peut se satisfaire d'un extrait.
A noter, en bas de la page un commentaire assez cinglant par un éditorialiste d'un autre journal, dans lequel il s'étonne de l'étroitesse d'esprit du président de l'association des bibliothèques américaines.
17:25 Publié dans Fiches de lecture | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


Commentaires
J'aime la verté de ton blog!
Ecrit par : Wesh,Wesh ;) | 26.11.2005
Ouah le mec, les articles en english fingers in da noz !!!
congratulations
Ecrit par : Fabien | 28.11.2005
Merci, d'avoir décrypté cet article!
Ecrit par : Anaïs | 30.11.2005
Pourquoi traiter des articles étrangers ? Vous êtes contre la France ou quoi ?
Ecrit par : Nicolas S. | 05.12.2005
Aha haha petit joueur ce n'est pas cet article que nous autres prétendus anglophones devions commenter, mais plutot http://www.dlib.org/dlib/november05/lagoze/11lagoze.html
qui est légèrement plus incompréhensible...
Perso je galère bien !
Ecrit par : Fabien | 05.12.2005
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